HISTOIRE DE GERMAINE BERTON (2)
Elle justifie alors ces contacts discrets par vengeance suite à sa récente exclusion. En insistant, elle va obtenir d’être reçue par Marius Plateau, journaliste virulent, héros de la Grande Guerre, et chef des Camelots du roi, milice ultra-violente de l’Action française. Le 23 janvier 1923, vers 13 h 45, Germaine Berton, coiffée d’un chapeau de feutre beige, se présente rue de Rome, au siège de l’Action française, où elle est accueillie par Marius Plateau. Elle restera dans son bureau environ une demi-heure pendant laquelle plusieurs témoins entendront des rires, laissant penser à un entretien cordial. À la sortie, alors qu’elle est raccompagnée par son hôte dans le vestibule, elle sort son pistolet de son sac et lui tire dans le dos cinq balles à bout portant. Puis elle retourne son arme contre elle, se tirant une balle dans la poitrine. Plateau, chancelant, s’affaisse aussitôt, en déclarant aux rédacteurs alertés par les détonations : « J’ai au moins deux balles dans le corps ». Rapidement, on va chercher un médecin, mais il n’y a plus rien à faire. Les témoins découvrent alors le corps de la visiteuse Germaine Berton, étendue sur le parquet, évanouie. Reprenant rapidement ses esprits, elle déclare : « Si je meurs, vous direz à mes camarades du parti que j’ai fait mon devoir. » Elle est d’abord hospitalisée avant d’être incarcérée à la prison Saint-Lazare. Au terme de son premier interrogatoire, elle conclura ses aveux en déclarant : « Je suis la seule responsable de mes actes… Je ne regrette pas mon geste et je recommencerais. »
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