HISTOIRE DE GERMAINE BERTON (1)
La langue française a ceci d’étrange qu’elle n’a pas prévu de forme
féminine au substantif « assassin » ! Pourtant l’adjectif « assassin »
fait « assassine » au féminin… Comme si le meurtre avec préméditation,
puni de la peine capitale, était une exclusivité masculine, comme si
cette intention criminelle, machiavélique, ne pouvait nullement
concerner la gent féminine. Le plus souvent, on lui substituera le
terme, juridiquement impropre, de meurtrière, en omettant ainsi le
caractère prémédité du crime.
Rien ne prédispose, en tout cas, Germaine
Berton, cette frêle jeune femme tout juste âgée de 20 ans, à devenir une
« assassin » !
En
ce mois de janvier 1923, Germaine Berton a déjà une sacrée carrière
de militante derrière elle. D’abord ouvrière syndicaliste à Tours, elle
flirte avec le parti communiste naissant avant de préférer la mouvance
anarchiste, qu’elle rejoint à Paris. Après un court séjour en prison
pour avoir giflé un commissaire de
police, elle s’engage radicalement dans la lutte contre la montée du
fascisme en France, alors qu’en Italie, Mussolini vient de marcher sur
Rome et de s’emparer du pouvoir. C’est dans cette dynamique qu’elle
décide d’assassiner l’un des chefs de l’Action française, mouvement
monarchiste, antisémite et clérical, incarnant un fascisme à la
française. Tout ce que déteste et combat la jeune anarchiste. Depuis
deux mois, elle a acquis un pistolet automatique de calibre 6,35 mm.
Elle tente en vain d’approcher Léon Daudet et Charles Maurras, dépose
une lettre accompagnée d’un CV, dans laquelle elle explique avoir des
révélations à faire sur les projets des anarchistes parisiens et
disposer de documents à ce sujet.
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