lundi 31 mars 2025

HISTOIRE DE GERMAINE BERTON  (1)

La langue française a ceci d’étrange qu’elle n’a pas prévu de forme féminine au substantif « assassin » ! Pourtant l’adjectif « assassin » fait « assassine » au féminin… Comme si le meurtre avec préméditation, puni de la peine capitale, était une exclusivité masculine, comme si cette intention criminelle, machiavélique, ne pouvait nullement concerner la gent féminine. Le plus souvent, on lui substituera le terme, juridiquement impropre, de meurtrière, en omettant ainsi le caractère prémédité du crime.
Rien ne prédispose, en tout cas, Germaine Berton, cette frêle jeune femme tout juste âgée de 20 ans, à devenir une « assassin » !
En ce mois de janvier 1923, Germaine Berton a déjà une sacrée carrière de militante derrière elle. D’abord ouvrière syndicaliste à Tours, elle flirte avec le parti communiste naissant avant de préférer la mouvance anarchiste, qu’elle rejoint à Paris. Après un court séjour en prison pour avoir giflé un commissaire de police, elle s’engage radicalement dans la lutte contre la montée du fascisme en France, alors qu’en Italie, Mussolini vient de marcher sur Rome et de s’emparer du pouvoir. C’est dans cette dynamique qu’elle décide d’assassiner l’un des chefs de l’Action française, mouvement monarchiste, antisémite et clérical, incarnant un fascisme à la française. Tout ce que déteste et combat la jeune anarchiste. Depuis deux mois, elle a acquis un pistolet automatique de calibre 6,35 mm. Elle tente en vain d’approcher Léon Daudet et Charles Maurras, dépose une lettre accompagnée d’un CV, dans laquelle elle explique avoir des révélations à faire sur les projets des anarchistes parisiens et disposer de documents à ce sujet.

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