lundi 10 avril 2023

Mon papy était un grand républicain, né un 14 juillet, et pas n'importe lequel, celui de 1889. Ayant vécu la plupart de son âge dans la ville natale de Victor Hugo, il fit un dernier clin d’œil au grand homme en se retirant à quatre-vingt treize ans. Sa vie d'ombre et de lumière éclaire mon chemin. Il est mon héros. Dans ma chambre, pas de poème issu des Contemplations ou de La Légende des Siècles. Non, beaucoup mieux que ça : la lettre qu'il m'adressa quelques mois avant sa mort... Mon cher Claude, Réponse à ta lettre du 8 courant qui m'a causé un grand plaisir. Oh ! je n'éprouvais aucun souci à ton sujet... Je te chéris, ô mon héros, tu es le doyen de l'humanité que je reconnais, la tienne, pas celle de ce Réel pitoyable. Tu vas bientôt avoir 134 ans. Mon moteur principal est de te garder en vie le plus longtemps possible. C'est une noble cause, une des plus belles de l'âge mûr, puisque je te porte en moi comme le nuage porte l'eau.

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