Un des titres de livres - j'ai lu beaucoup de titres mais peu de livres - qui m'a toujours plu est J'irai cracher sur vos tombes. Le décor est planté, la couleur annoncée, il reste à le mettre en scène. C'est ce qui a été fait et la journée du 23 juin 1959 en est la tragique illustration. Boris Vian meurt en assistant à la projection du film, qu'il avait désapprouvé publiquement. Il n'en a vu que quelques images avant de succomber à un arrêt cardiaque. Un dénouement digne d'une tragédie grecque versée dans le Paris d'après-guerre.
La
fascination qu'exerce sur moi cette phrase très violente provoque un
réflexe étonnant. Je ressens la pulsion inverse. Loin de vouloir
souiller la mémoire d'un être haï, j'ai envie de m'immerger, non pas
dans la tombe, mais dans les lieux qui ont hébergé mes héros. Un petit
coin de la Sierra Maestra à Cuba ou de la forêt bolivienne, un siège du Cavern Club à Liverpool ou du
Bambi Kino à Hamburg, une table de
l'auberge Ravoux à Auvers-sur-Oise. S'y allonger, s'y lover, s'y
endormir. Si si si.
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