(...) Alors arriva la fille qui s'appelait Rita, elle semblait tout droit sortie de la Dolce Vita et je me mis en devoir de l'amadouer comme son père, je lui dis la jolie ferme que vous avez là. Dites-moi qu'est-ce qu'un étudiant connaît à l'agriculture, j'ai répondu braves gens je suis un puits de culture (...) Je ne dormais que d'un œil quand Rita vint me secouer, elle me faisait de l’œil comme Tony Perkins. Elle me dit viens prendre une douche, je vais te montrer où c'est. J'ai répondu hey hey hey, ce coup-là on me l'a déjà fait. J'essayais de me défiler, je ne savais pas trop comment, mais Rita insistait vraiment très très gentiment. Je ne pouvais plus m'en tirer, j'avais l'air d'un lâche, j'aurais pas dû accepter d'aller demain traire les vaches. Pour sortir de cette histoire, fallait trouver un moyen, j'ai crié Che Guevara c'est un bon copain. Rita parut suffoquer, j'ai cru que c'était gagné quand le fermier soudain surgit en hurlant qu'est-ce que t'as dit ? J'ai dit Vive Che Guevara, vous m'avez compris. Il me tomba sur le dos à bras raccourcis, Rita parla de sa mère qui dormait au cimetière tandis que le vieux me flanquait un coup dans le buffet. En enfer je t'expédie si tu ne t'en vas pas tout de suite, espèce d'étudiant pourri, espèce de rat communiste (...) Il me jeta à la tête un paquet de Reader's Digest, moi je fis une pirouette. Le vieux prit son escopette, je décampai par la fenêtre à cent-quatre-vingt à l'heure et j'atterris comme une tempête dans un pot de fleurs (...) La sacrée vieille canaille espère bien me faire cueillir un jour par son FBI mais il peut courir. Je continue à penser, envers et contre tous, sans liberté de parler on est moins que rien du tout.
BobHugues AufrayDylan
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