dimanche 15 mai 2022

Say a prayer for the common foot soldier 
Spare a thought for his back breaking work 
Say a prayer for his wife and his children
Who burn the fires and who still till the earth
 
L'autre jour, je pensais à cette belle chanson, Salt of the earth, la dernière de Beggars Banquet, la dernière aussi du Rock and Roll Circus en décembre 68, reprise en chœur par tous ces joyeux spectateurs habillés de toutes les couleurs. Oui, pensons au fantassin qui se dresse contre la cruauté du Réel, la Sauvagerie du monde. Mais penser ne sert à rien, ou à pas grand chose, ce qu'il faudrait faire, c'est panser.
Jamais je n'oublierai Ernesto Guevara. Nunca, never. Ni les circonstances de sa mort, ni même la date de son assassinat. Son exécution sommaire, comme un animal sauvage, est une renaissance. Entre ici, éternel combattant aurait dit Malraux, avec ton âme pétrie d'altruisme et ton parcours terrestre, celui d'un soldat du commun qui refusa les honneurs et les attributs du pouvoir. Toujours je vénérerai le souvenir de mon grand-père René. Il a fait deux guerres, grand combattant, fort résistant. Enfant, je le chérissais, adolescent je l'aimais et le comprenais, et plus tard, arrivé à une imparfaite maturité, il a été mon héros. C'est un héros, au sens noble. Il le restera, quand bien même aucun être vivant n'aura plus conscience de lui. Pour Mick Jagger, c'est différent. Comme Che Guevara, il a posé le pied sur l'échelle de la célébrité, ce qui va lui conférer une sorte d'éternité. Il a écrit Salt of the earth, une petite pierre qui brille parmi une multitude dans le ciel de la Musique, le plus immatériel des arts, donc le moins périssable.
Je n'ai jamais croisé le chemin d'Ernesto, il est né et mort aux Amériques, il est passé par l'Afrique, pendant que je cirais le banc des écoles de l'ennui. Mick, je l'ai vu, cinq fois, 5 comme les cinq pierres qui roulent. Une relation à sens unique, puisque lui ne m'a pas vu, moi particule, pixel dans cette swirling mass of gray and black and white. René, je l'ai connu plus de trente ans, et je suis conscient de cette chance. Dans la limite de mes moyens, je perpétue son immense humanité, en pensant à lui, en parlant de lui, en lui écrivant. Repose en paix, mon Papy, tu n'es pas mort. Dans mes veines coule un petit peu de ta force, pour moi c'est un torrent.

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