dimanche 13 mars 2022

Par hasard, je suis tombé un soir sur Fanny Ardant interviewée En aparté, sur Canal+. C'était vers la fin de l'émission, elle trépignait, mais c'est son état normal, c'est une trépigneuse. Sur un écran du plateau, les quatre de Liverpool et les cinq de London. Et la question éculée, prévisible, est tombée comme une pomme sur la tête d'Isaac Newton. Beatles ou Rolling Stones ? Fanny n'a pas hésité, son cœur vibre pour Mick et sa clique. Elle aime ces voyous qui ne sourient pas et qui bousculent les bourgeois. Mais John, Paul etc, non. Des gendres idéaux, qui présentent bien, ce n'est pas sa came. Elle le dit gentiment, avec une conviction non feinte. D'un autre côté, ayant passé sa vie à faire des films, il ne faut pas s'étonner qu'elle manie les clichés avec autant de dextérité. Elle a mordu à l'hameçon de l'image (pré)fabriquée par l’industrie du disque des années 60, mieux que ça, elle l'a avalé ! Quelle déception dans la bouche - qu'elle a belle - de l'une des nombreuses égéries de Truffaut. Car dans une logique radicalement opposée - la donna e mobile - elle a jeté son dévolu sur François le gentleman cambrioleur des cœurs, plutôt que sur Jean-Luc le rhinocéros dans le magasin de porcelaine du cinéma français. Ça ne fait rien, il y a des actrices bien singulières, comme dirait not' cher tonton Georges!

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